
Les chiens errants sont omniprésents dans les rues de Santiago ou Valparaiso. C’est dur de ne pas en voir. On remarque tout de suite combien ils sont malins. Ils attendent que le petit bonhomme soit vert pour traverser la route, ils savent où trouver de la bouffe, où trouver de l’ombre et où squatter pour qu’on leur foute la paix. Des ami-es chilien-nes nous ont même affirmé que les chiens prennent le bus pour se déplacer plus vite (on ne sait pas s’ils payent leur ticket ou pas, en tout cas nous, on fraude tout le temps…). Plein de chilien-nes leur donnent à manger ou placent des bassines d’eau pour eux. En hiver des bénévoles d’asso vont jusqu’à leur mettre des gilets qui gardent la chaleur.
Il est super rare de se faire emmerder par l’un d’eux dans la rue. Ça peut arriver qu’il grogne pour rien, mais en général rien de méchant, il suffit de lui gueuler dessus pour qu’il arrête et passe son chemin. Même si entre eux, c’est un peu la guerre civile permanente.
La plupart du temps ils vous ignorent et font leur vie. Et ça arrive qu’ils aient envie de devenir votre pote et de se faire caresser. Difficile dans ces cas-là de les envoyer balader et de ne pas leur faire de caresses (« ils sont méchants et même que si tu les touches et ben tu vas mourir d’une atroce maladie »). En tout cas, nous on a pas réussi à résister longtemps aux caresses (sans se frotter littéralement à eux non plus hein). Ça peut aussi arriver qu’ils vous accompagnent le temps d’une balade en ville. C’était marrant et triste à la fois de voir des chiens enfermés dans le jardin de leur humain aboyer sur les perros en la calle qui s’en foutaient bien et qui avaient bien mieux à faire que de leur répondre.
Peut-être qu’on devrait se reposer la question des chiens errants en france. Plutôt que de dépenser des millions en campagnes de pub contre l’abandon et plutôt que de les enfermer dans des cages de la spa, est-ce qu’on pourrait pas plutôt essayer de coexister avec eux en ville ou ailleurs ? Pourquoi l’espace urbain devrait absolument être réservé aux humain-es et aux animaux-esclaves qui ne connaissent que les joies des apparts minuscules plus les pseudos-promenades en laisse ? D’ailleurs, pourquoi les appeler « chiens errants » ? Ne devrions-nous plutôt les appeler chiens libres ? Parce que libres, avec ce que ça peut comporter d’inconvénients, c’est bien ce qu’ils sont.